Pavé dans la mare

"Ne doutez jamais du fait qu'un petit nombre de gens conscients et engagés puissent changer le monde." Margaret Mead

 

Quand la société civile assigne les Etats en justice.

En suivant le modèle activiste de Greta Thunberg, des jeunes issus de la société civile demandent de plus en plus souvent des comptes à leurs gouvernants responsables de ne pas empêcher les catastrophes climatiques et réclament des lois protégeant mieux l'environnement.

 Le plus jeune a 8 ans.

 

 Le plus jeune a 8 ans, le plus âgé, 21. Ils sont 6 en tout. 6 jeunes Portugais qui viennent de saisir la justice en ce début de septembre, alors que la plupart de leurs camarades avaient le nez dans leur rentrée scolaire, si ce n'est dans leur masque.

Quel crime dénoncent-ils ? Ils accusent 33 nations d' « avoir échoué à faire leur part afin d’éviter une catastrophe climatique ».

Il faut dire qu'il a fait plus chaud que jamais cet été au Portugal. Et les incendies d'il y a trois ans marquent encore les mémoires, même les jeunes... De quoi sensibiliser la population au dérèglement climatique.

Ce n'est pas là un cas isolé de recours citoyen à la justice en réaction à une insoutenable impéritie politique.

Que signifient de tels engagements spontanés ? Marre de l'impunité systématique profitant aux élus ?

 

Marre de craindre pour l'avenir quand on avait l'enfance devant soi ? Un peu de tout sans doute. Et surtout, le plaignant qui toise le monstre froid étatique, désormais n'attend plus d'avoir le nombre pour lui ; il avance, avec dignité, porté par ses convictions que quelque chose de pourri au royaume du Danemark ou d'un autre...

Qu'on se souvienne de cette secrétaire française qui a saisi avec succès la justice l'an dernier pour confronter l'Etat à sa "carence fautive face à la pollution de l’air", ou des ces 15 mineurs de diverses nationalités qui, autour de Greta Thunberg, avaient accusé la France, l'Allemagne, l'Argentine, le Brésil et la Turquie d'"inaction climatique".

On a tort de considérer la relève générationnelle dénuée d'intérêt pour la chose publique, et plus encline à se satisfaire de divertissement naïf. Une conscience politique émergente s'exprime ici ou là, qui commence comme souvent dans l'indignation. C'est un sincère sentiment d'injustice qui inspire un élan spontané de nos jeunes vers la protestation et le rassemblement au côté de ceux qui luttent, transpirent, de peur et de rage mêlées.

 

Gare à l'ingénuité sans concession des enfants sages !

C'est qu'on ne va pas leur en conter, à ces avisés-là, qui ne sont pas nés de la dernière pluie acide ! Cela dit, ce n'est pas rien, assigner 33 pays en justice comme s'y emploient nos 6 Portugais...  Est-ce qu'on n'avait pas autre chose à faire à 8 ans, de plus réjouissant, de plus insouciant ? Il y a des mondes qui font grandir plus vite que les autres. Aussi j'ajouterais bien un délit à la charge déjà retenue :  vol d'insouciance. Celui qui voit son enfance escamotée, que pourra-t-on pour sa cause ? A côté, l'affaire strictement judiciaire a plus de chance d'obtenir réparation.

Procès à suivre ! 

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