Bientôt des hôtels de luxe au tarif Airbnb ?

Au rythme où l'hotellerie de luxe accuse des pertes, verra-t-on les locations de particuliers la concurrencer ?

Scénario cocasse de science-fiction ou probabilité réaliste ?

Mieux vaut en rire

 

Quand il faut ré-enrouler le tapis rouge

Le luxe se portait plutôt bien dans le monde en 2019 avec un chiffre d’affaires pour ses 100 principaux acteurs atteignant 247 milliards de dollars. Malgré les coups portés par le terrorisme ou les mouvements sociaux en France, il bouclait plutôt sereinement une série confortable de dix années fastes quand soudain le coronavirus a contrecarré ses business plans pour 2020 d'abord, une année marquée par un recul de 29 % pour le marché européen, le plus impacté juste devant celui de l’Amérique du Nord. Rien qu'en France, pendant la durée du confinement, seuls 10% des hôtels étaient restés ouverts. La raréfaction des touristes étrangers a nui aux fréquentations des palaces dans le monde entier, occasionnant globalement 70 % de perte de chiffre d’affaires.

La dégringolade des chiffres

Des hôtels qui restent vides

quand les hôtels de luxe se vident

Désormais, on sait que 2021 a déçu tous les espoirs dans une reprise de l'activité, les frontières n'ayant pas pu rouvrir comme escompté pour accueillir une clientèle internationale. C'est un tourisme plus local qui a dans certains cas sauvé le marché régional français en l'occurrence. Et 2022 semble devoir mal commencer pour la profession, la saison de ski subissant de plein fouet la crise sanitaire avec une recrudescence dramatique des cas de Covid-19 en cette période de fêtes. De quoi dissuader les clients de réserver des séjours à l'hôtel comme de prendre l'avion, compte tenu du risque de contagion mais aussi des contraintes logistiques qu'impose le contexte actuel. Par où l'on voit l'intrication de facteurs multiples pour provoquer des effets domino à échelle planétaire.

Stratégies d'adaptation

airbnb ou hôtel de luxe ?

L'hôtellerie du luxe se trouve ainsi confrontée à une crise sans pareil, celle de 2009, la dernière en date, n'ayant pas atteint un tel niveau de pertes. Si les pertes s'accumulent durablement, un effondrement de ce secteur aurait des conséquences mondiales désastreuses, et notamment sur la vitalité de l'économie française, très dépendante du marché du luxe et du tourisme. Mais la profession réagit et se renouvelle, lançant de nouveaux concepts comme l'expérientiel pour rester attractive ; elle approche aussi une population qui a aujourd'hui entre 20 et 30 ans en misant sur des valeurs comme le développement durable et le respect de l'environnement. Au pire, la verra-t-on brader ses nuitées pour rivaliser avec les locations de particuliers qu'on trouve sur Airbnb à 2h de chez soi, dîner compris, tant que dure la pandémie. La boutade impertinente peut faire sourire quand on imagine un Français aux revenus modestes se prélassant dans le jacuzzi d'un habitué des palaces, à la faveur d'une crise hotellière sans précédent. Quelle victoire jubilatoire sur les inégalités !

Home made deluxe

Projection surréaliste ? Quoiqu'il en soit, de tels fantasmes bon enfant qui font du bien au lendemain de Noël, le cabinet Bain & Company a réalisé une étude évaluant à 450 millions les clients que convaincra le luxe à l'horizon de 2025. L'estimation la plus optimiste compte sur la vivacité de la Chine, d'ici environ 3 ans, pour profiter d'un prochain réveil de la croissance. L'heure ne semble décidément pas à la sobriété - un débat autrement délicat concernant la sortie générale de cette crise.

Pour l'instant, on peut donc toujours rêver avant que la suite de luxe rue de Rivoli baisse à mi-tarif, ou se mette à équivaloir le prix d'un week-end en 2 pièces sur Airbnb... C'est pas gagné pour la revanche de mes poches de Gavroche, plus vides que les palaces de la côte d'Azur. Bah! Pas grave. La nuit, depuis mon petit balcon, c'est pas 4 ou même 5 étoiles que j'admire, la tête sur l'oreiller, c'est... des milliers.

le luxe avec balcon

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