Le GIEC prône la sobriété. Est-on prêts ?

Le GIEC prône des solutions afin de faire face au réchauffement climatique.

Sa ligne directive fait la part belle à un virage radical vers la sobriété. Est-on prêts ?

Sobriété énergétique

Un virage à 180° ?

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat publie régulièrement des rapports scientifiques qui rendent compte de l'évolution de la crise environnementale en cours. Il propose tout dernièrement pour y répondre l'adoption de mesures de réduction de notre impact carbone, lesquelles ne sont pas sans impact sur nos modes de vie.

Si l'heure est à la sobriété, pour autant la société y est-elle prête ? Et d'abord quelle société ? Tandis que les pays développés se sont accoutumés à l'hypersonsommation, ceux en voie de développement ne jurent que par ce modèle d'abondance. Pour tous, il s'agirait de revoir une stratégie dominante orientée vers la croissance, non pas forcément pour renoncer à cette dernière (on prévoit sa reprise à la faveur de la transition écologique) mais pour l'ajuster drastiquement à un contexte actuel critique concernant le réchauffement climatique.

Un positionnement psychique en rupture totale avec des décennies d'habitudes solidement ancrées et plus encore, d'axiologie pragmatique.

le compte à rebours pour les énergies fossiles

Parce que je le veux bien

feu à volonté

Comment des populations formatées peuvent-elles, et en un délai record, modifier leur rapport à la consommation ?

Le défi se pose d'autant plus que la modification ici requise est notamment à la baisse.

Obtenir que les consommateurs en capacité de fournir un effort à ce délicat sujet s'y engagent sincèrement sera possible à trois conditions : une information au format et contenu susceptibles d'emporter leur adhésion en douceur ( la pédagogie du nuge fournit à ce titre un dispositif éprouvé), l'éveil d'une volonté réellement suivie d'actes de se conformer aux directives collectives ( la coercition semblant néanmoins inévitable), le renfort en amont d'une politique fermement solidaire avec l'effort citoyen (quid de la précarité ? quid des privilèges et autres passe-droits ? ).

A titre plus individuel, la tâche est d'une ampleur telle qu'elle demande à chacun une remise en question de ses priorités, voire valeurs, que ce soit concernant sa façon d'articuler consommation individualiste et utilité publique ou encore concernant l'idéal d'un droit à l'abondance sans retenue, dominant à ce jour les mentalités.

Vivre d'amour et d'eau fraîche ?

Hormis des initiatives isolées de transition écologique qui peuvent aller du Do It Yourself jusqu'au regroupement en éco-hameaux pour vivre de façon alternative, la majorité des gens voient encore leurs désirs construits par des paradigmes désormais obsolètes. Il faut donc s'attendre à de fortes résistances psychologiques visant à maintenir le statu quo : continuer à considérer que tout demeure, et pour toujours, à disposition - énergie à flot, embarras du choix, maintien du pouvoir d'achat... - et se comporter en conséquence à contre-courant des mutations civilisationnelles amorcées. J'avais déjà consacré quelques lignes à cette force d'inertie qui constitue un obstacle considérable, tous enjeux de la crise confondus.

En un mot on va avoir du mal à faire passer la pilule rouge. Mais à un moment donné, à force d'attendre, ou ça passe, ou ça casse. Nous voilà tous au pied du mur. L'occasion, pour qui peut, de réveiller le moine zen tapi au fond de soi, l'esthète minimaliste au décor épuré ou le romantique fleur bleue qui a toujours rêvé de vivre d'amour et d'eau fraîche. Qu'ils se rejouissent : c'est le moment !

se contenter d'amour et d'eau fraîche

Quant à vous, que ferez-vous ?

Pour aller plus loin

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