On ne souffre peut-être que pour ça

nous sommes les descendants

Ce qui souffre, contre toute apparence, est résolument du côté de la vie.

Dût-on se sentir anéanti comme une loque, une sorte de mort-vivant, échoué d'un énième naufrage qu'on espère cette fois fatal, pour ne plus avoir à en revenir. Souffrir, c'est encore sentir.

L'appel du large palpite quelque part, à la jointure du poignet exsangue, dans le tremblement de lèvres, sous les lignes enfiévrées du front.

On souffre peut-être même pour se rappeler qu'on est vivant, que le néant n'a pas gagné, que tout est là, prêt à s'élancer, le désir, la puissance, la vitalité.

Patience, douceur, curiosité pour ces états de chaos imminent ou débordant, si impressionnants dans leur intensité, venus détruire non pas notre force de vie, mais nos illusions.

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