Quel effondrement ?

tour d'horizon

Vous avez remarqué que quelque chose a changé. Que le monde est en crise. Qu'il ne s'agit pas seulement d'un pays en difficulté politique ou économique dont on suivrait distraitement les atermoiements de loin, telle la Grèce en 2008. Que les incendies ne sinistrent pas que la Californie mais se mettent à dévaster l'Australie dans la foulée, puis accélèrent la fonte des glaces en Antarctique. Que régulièrement des scandales sanitaires et industriels sont révélés par des journalistes d'investigation.

Bref, quand ça va mal ça ne va pas mal comme... avant. Tout domaine autrefois stable ( carrière, par exemple) semble frappé d'incertitude et tout acquis dont s'enorgueillissait notre civilisation (démocratie, hôpital public,...), de vulnérabilité, voire de vanité.

Si vous ne le vivez pas personnellement, vous l'avez forcément remarqué en suivant l'actualité. Pour ne prendre qu'un exemple français, on n'avait jamais vu de telles inondations en Alpes Maritimes que celles d'il y a un an : la Vésubie, un mince filet de cours d'eau presqu'invisible du ciel sous la végétation, a grossi au point d'engloutir routes et maisons sur son passage. Un nouvel épisode de cette trempe vient de frapper le Gard.

A qui veut bien y être attentif, des fissures sont apparues dans le décor quotidien, parfois imperceptibles d'abord, puis évidentes et familières, comme ces effets désastreux du dérèglement climatique mais aussi ceux d'une déforestation irraisonnée ou encore la désorganisation générale dans laquelle les gouvernements ont géré la pandémie du coronavirus. Des dysfonctionnements déjà sévères se sont accrus jusque dans les démocraties, générant plus d'inégalités sociales et d'engagement militant chez les plus jeunes d'entre nous, comme autour de l'adolescente Greta Thunberg pour le climat.

Alors ça a toujours été, n'est-ce pas ? C'est connu, on ne signale que les trains qui arrivent en retard. Mais il se produit quelque chose de singulier aujourd'hui : toutes ces crises ont un caractère systémique, c'est-à-dire qu'elles sont reliées, à l'image d'un jeu de domino dont la règle est simple : si vous poussez un seul d'entre eux, les autres tombent en chaîne.

Un terme s'est vulgarisé pour désigner ce qui est ainsi en cours sur notre planète : l'effondrement.

Ce qui s'effondre, c'est ce sur quoi chacun se repose d'habitude pour vivre, se nourrir, travailler au quotidien, à savoir les structures d'un modèle civilisationnel qui était en passe de mondialisation. Il a plusieurs composantes dont une société de consommation, une économie néo-libérale, un confort de vie thermo-industriel et, à quelques exceptions près, un régime démocratique.

Déjà fissuré de l'intérieur, ce système se trouve éprouvé à l'extérieur par l'actualité planétaire du réchauffement climatique.

La question se pose : notre civilisation saura-t-elle sortir de toutes ses crises ? Personne ne détient la réponse. Mais beaucoup doutent de la fiabilité de nos moyens actuels pour faire face à l'effondrement et annoncent l'extinction de l'humanité, quand ce n'est pas de toute vie sur Terre. Le débat est sensible entre ceux qui croient en un avenir meilleur, notamment grâce à une transition énergétique, voire écologique, qu'il serait encore temps d'organiser et ceux qui démythifient de tels espoirs, faute de ressources ou d'ingénierie adéquates, voire simplement de bonne volonté.

Quoi qu'il en soit, il résulte de cet effondrement en cours un contexte hautement anxiogène qui émeut les populations, gagnées à petite dose par un sentiment d'impuissance mais aussi désireuses de se prendre en mains contre tout fatalité, via des  démarches actives ( zéro déchet, éco-lieux...).

Le présent blog, dans la même logique que le guide "Quand tout s'effondre" paru aux Editions Libre & Solidaire, s'adresse précisément à qui veut au mieux vivre l'effondrement au lieu de le subir, en trouvant des ressources mentales pour gérer les difficultés présentes et à ven

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