Qu'est-ce qui cause l'éco-anxiété ?

Comment expliquer l'éco-anxiété ?

L'éco-anxiété ou dépression verte frappe de plus en plus de personnes, en provoquant des crises de panique ou des idées noires, voire suicidaires.

Quelles que soient ces manifestations, c'est toujours la même cause qu'on retrouve à l'origine de ce syndrome devenu viral.

Quelle est-elle ?

Qu'est-ce qui cause l'éco-anxiété ?

A l'origine: une sensibilité au désastre écologique

L'éco-anxiété trouve son origine dans notre perception de l'actualité environnementale. Réaliser l'état des lieux catastrophique qui est le nôtre dans notre rapport à l'environnement génère une peur anxieuse, voire panique pour l'avenir. D'où son nom : "Eco" renvoie à la nature, à ce qui nous entoure et dont notre espèce fait partie intégrante. Difficile de ne pas se sentir concerné par ce qui détériore la branche sur laquelle on se trouve assis.

Or ce à quoi nous assistons aujourd'hui est réellement tragique : dégradation des éco-systèmes, altération de la biodiversité, extinction massive d'espèces animales et végétales, dérèglement climatique avec inflation des tornades ou inondations... Qui resterait indifférent à ce déversement d'informations et d'images d'actualité bouleversant ?

 

Notre monde offre son lot quotidien de mauvaises nouvelles pour la planète : de quoi ressentir de la tristesse face au spectacle d'animaux en détresse par exemple, de la colère envers les (ir)responsables qui ont causé les désastres écologiques, ainsi que de la peur pour l'avenir, au rythme où va l'hécatombe. Depuis peu, une science étudie même la complexité des effondrements dont le désastre écologique témoigne en partie, la collapsologie. Et les rapports scientifiques tels ceux du GIEC ne cessent de présenter des bilans alarmistes sur nos chances de réchapper à une fin du monde tel que nous le connaissons.

Pas étonnant que l'éco-anxiété augmente à la mesure des prises de conscience qui émergent dans l'opinion publique à échelle internationale.

 

 

 

L'éco-anxiété, signe de bonne santé mentale ?

Or il ne s'agit pas là d'une hallucination qu'on pourrait attribuer à un désordre mental, une pathologie. La détérioration de la nature s'observe dans le cadre d'un constat objectif. Alors comment ce qui pourrait n'être qu'une attention émue à cette actualité affligeante, tout à fait légitime et normale pour qui est psychologiquement équilibré, se transforme-t-il en souffrance mentale qui frise l'insoutenable au point de consulter un thérapeute ?

A ce sujet, l'hypersensibilité ou l'hyperempathie en tant que motifs de consultation individuels ont bon dos. Hypersensibles, hyperémotifs et hyperempathes sont parmi les gens les plus lucides sur la gravité de notre situation écologique que je reçoive au cabinet. Conscientes de leur constitution psychique, ces personnes apprennent volontiers à faire la part des choses entre la vérité et une éventuelle dramatisation des faits à laquelle elles se savent enclines plus qu'à leur tour. Certes, leur perception est amplifiée par un prisme de représentations sur lequel elles peuvent travailler afin de moins souffrir de leur prédisposition à l'émotivité. Mais que de clarté dans le regard des tendres ! Une intransigeance face à l'objectivité qui fait défaut parfois aux plus caïds de leurs contemporains, réfugiés sous une carapace psychique pour être bien sûrs ne rien sentir.

 

Non, l'éco-anxiété est un stress légitime qui résulte d'une lucidité courageuse. Elle honore ceux qui l'endurent, car ils acceptent de regarder en face la réalité écologique. Je me réjouis toujours d'accueillir en séance un être doué de capteurs sensibles à ce qui se passe autour de lui, dans ce monde artificiel où la plupart sont émoussés.

Les éco-anxieux revêtent pour moi un statut éminent de lanceurs d'alerte.

Que, dans le climat de déni actuel et d'inertie irresponsable, de plus en plus de sensibilité au danger se réveille, dût-on en ajuster le curseur en thérapie, voilà un signe encourageant pour l'humanité et la planète ! Bizarrement peut-être, le salut proviendra des dits plus "fragiles" qui se lèvent pour dire "Assez !". Car eux signalent mieux que quiconque que le seuil de tolérance psychique a été dépassé. Oui, les soi-disant faibles, ceux qui ne prennent pas sur eux selon leur entourage, les "petites natures" et autres trouble-fête qu'on envoie se faire soigner à la place des instigateurs du chaos écologique. Bref, ceux qui appartiennent à cette vivifiante famille d'empêcheurs de tourner en rond, dont Audiard disait : "Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière !".

Cette souffrance réelle appelle des réponses

Reste à réduire la souffrance que traduit l'éco-anxiété, signe de bonne senté mentale pour qui la ressent et de grave désordre pour l'humanité aveuglée.

Cette souffrance terrible qui pourrit la vie et pousse parfois au suicide, comment la traiter ? Voyons cela dans un prochain article.

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